Quand un site est lent ou bloque sur mobile, on accuse volontiers le serveur. Sur notre propre site, lyaandco.com, l’essentiel du problème était ailleurs : voici ce que nous avons trouvé, corrigé et mesuré, avec les chiffres avant/après et ce qu’il reste à faire.
Le 28 septembre 2026, nous avons audité notre site comme celui d’un client. Sur ordinateur, l’accueil obtenait 92/100 à l’outil d’audit Lighthouse. Sur mobile, mesuré en laboratoire en 4G lente simulée, il tombait à 47/100 : l’écran restait blanc 6,75 s et l’image principale n’apparaissait qu’au bout de 10,9 s.
Le temps de calcul du serveur, lui, n’était pas en cause : le 28 septembre comme aujourd’hui, l’accueil se calcule en 0,16 s environ. Le temps se perdait entre le serveur et l’écran du téléphone.
Un second symptôme, signalé le lendemain, était plus déroutant : sur téléphone, le site « bloquait », les premiers gestes ne faisaient rien défiler. En cause, une seule ligne de style, qui fixait le pied de page à 60 px de haut alors que son contenu en fait environ 850 sur mobile. Combinée à une autre règle du thème, elle créait un cadre de défilement invisible, sur téléphone comme sur ordinateur : le doigt faisait défiler ce cadre, pas la page.
Pour le défilement bloqué, nous avons contrôlé 18 pages, sur mobile et sur ordinateur : plus aucun cadre caché ni débordement horizontal. Leçon de méthode : notre premier test automatique faisait défiler la page par programme et ne voyait rien ; il a fallu simuler de vrais gestes du doigt.
Parfois, le serveur est bien en cause. Sur un site que nous hébergeons, il mettait 0,88 s à calculer la page d’accueil : le moteur d’exécution recompilait tout son code à chaque visite. Une fois passé dans un mode qui garde ce code compilé en mémoire, le serveur calcule l’accueil en 0,43 s, environ deux fois moins. Sur un autre site que nous hébergeons, le même changement l’a fait passer de 0,92 s à 0,38 s.
Sur le premier site, certaines pages affichaient des actualités tirées de nombreux flux externes. Pour les utilisateurs connectés, ces flux étaient récupérés en direct à chaque affichage, sans cache : si une source mettait plusieurs secondes à répondre, la page attendait avec elle. Nous gardons désormais une copie locale de chaque flux, rafraîchie toutes les 20 minutes avec un délai de réponse maximal ; si une source ne répond pas, la dernière bonne copie reste affichée. Pour ces utilisateurs, ces pages se calculent maintenant en moins d’une seconde, contre plusieurs secondes auparavant.
La règle : tout ce qui vient d’un site tiers (actualités, polices, statistiques) peut rendre votre site aussi lent que le plus lent d’entre eux. Hébergez chez vous ce que vous pouvez, et imposez au reste un délai maximal.
Nous avons repris l’outil et les réglages du 28 septembre (mesures en laboratoire, 4G lente simulée, médiane de trois passages). Le contenu de l’accueil a un peu changé entre-temps. Les résultats :
Lors d’une première visite (rien en mémoire dans le navigateur), en laboratoire et en 4G lente simulée comme le 28 septembre, le poids de l’accueil est passé de 2,64 Mo à 1,09 Mo. Une partie du gain tient au script d’audience, qui se chargeait d’office le 28 septembre ; sans lui, la baisse reste de 56 %.
Ce qui reste à faire : même en laboratoire, notre image principale reste loin du repère de 2,5 s. Les polices représentent environ 40 % du poids de l’accueil : c’est la prochaine piste à étudier. Enfin, seul le moteur de Chrome a été testé : restent d’autres navigateurs et de vrais téléphones.
Vous voulez savoir ce qui ralentit votre site ? Nous établissons ce diagnostic, mesures à l’appui. Parlons-en.